Azur


Tout bleu tout flamme


 
Accompagnement
#interview #artiste

Publié le 20/08/2016
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Bouffée d’été précoce et inattendue, le premier EP d’Azur est sorti le 17 juin dernier chez Bon Temps records. Ses sets frais, bondissants et hypnotiques nous ont convaincus de donner les clés de la Cave à Antoine cette rentrée pour une série de DJ sets à ne pas manquer ! D’ici là, petit entretien, tout en classe et retenue, à l’image de ses titres d’électro tropicale et urbaine.

Antoine qui es-tu, avant Azur ?
Je suis vraiment musicien (principalement batteur) à plein temps depuis presque un an. J'ai toujours fait de la batterie, puis j'ai pris en main guitare et basse, ce qui m'a permis assez tôt de composer et enregistrer seul. En 2006, c'est l'époque Marvin Hood et d'autres projets. Actuellement je joue aussi surtout dans un duo avec Fonzie (GYM), et dans Wet Decision (Paprika Kinski, Tampon Tango).

Tu parles d'enregistrer seul ? Azur n'est donc pas ton coup d'essai solo ?
C'est quand même le premier projet solo que j'assume et que je sors vraiment. Mais oui j'ai toujours fait des trucs tout seul, en passant par plein de styles vraiment différents mais éloignés du projet Azur.
J'ai pas mal de projets en groupe et c'est assez agréable de jouer seul : ça change et ça me convient bien pour Azur.




Comment est né Azur ?
C'est assez récent, ça me trottait dans la tête et je m'y suis mis il y a un an à peu prêt (début 2015).
J'avais vu Caribou à la Route du Rock en 2014 et ça a vraiment été une claque. C'est aussi le moment ou j'ai commencé à écouter beaucoup de musique électro en parallèle de ma rencontre avec Jocelyn, le label manager de Bon Temps. Ca a évolué depuis mais j'ai découvert à l'époque Jon Hopkins, Todd Terje, Jamie xx, et les sources des années 80 qui m'ont nourries sur le tard.

Et aujourd'hui tu écoutes quoi ?
Ca évolue tout le temps mais en ce moment des choses à la fois rythmique et oniriques : Manfredas, Red Axes par exemple. Qu'on peut retrouver dans les influences des lillois You Man également. Des choses assez hypnotiques mais soutenues.

Quelle sont la part et la place des instruments physiques (toi qui a une formation de batteur et qui officie dans des groupes plutôt pop ou rock), par rapport au numérique (implicite quand on pense électro) ?
C'est un mélange des deux, je n'ai pas d'approche réfléchie par rapport à ça, il y a des modules virtuels autant que de vrais synthés audios. Je ne suis jamais en tout numérique en tout cas, je travaille toujours des percus « en vrai » ou souvent les basses avec un synthé analogique. Je n'ai pas envie de défendre un tout analogique ou de réfléchir en opposition sur ce sujet. Je fais les choses naturellement avec les sons qui me vont au moment ou je les enregistre.


même si j'aime les trucs qui tabassent, je préfère le côté hypnotique, comme un rituel concessions

Dans ce qu'on peut lire sur toi, on croit déceler une hésitation ou un compromis que tu essaies de faire entre faire danser les gens, et proposer quelque chose de très personnel et donc plus expérimental et peut être moins abordable.
C'est vrai même si je ne me sens pas coincé : j'essaye simplement de trouver un juste milieu. Même si j'aime les trucs sans concession qui tabassent, ce n'est pas mon ambition à moi. Mais d'entrainer un peu les gens dans la danse, en gardant un côté hypnotique, un peu rituel qui peut durer assez longtemps et qui puisse se moduler en live… c'est ça qui m'intéresse.

Tu fais beaucoup appel à un champ lexical un peu tribal pour parler de ta musique : rituel, transe, savane, etc. C'est des inspirations qui te viennent d'où ?
C'est tout ce côté tropical, un peu « voyage » qui me parle beaucoup, mais qui me vient surtout du cinéma. Je suis vraiment incapable de dissocier ma musique du cinéma. Par goût ce qui me parle ce sont les films qui se passent au soleil : beaucoup de métrages qui ont une esthétique un peu eighties et ce contraste que j'adore d'un environnement ensoleillé avec une histoire très sombre.

je suis vraiment incapable de dissocier ma musique du cinéma concessions

Paris-Texas, Bellflower, To Live and Die in L.A., l'Homme au Pistolet d'Or : c'est vraiment une histoire d'ambiance. Un tropical noir et très urbain, un soleil dur.

Est-ce que ça explique le choix du nom « Azur » pour le projet ?
En fait, paradoxalement ça vient des Bronzés. Bon c'est pas un film que j'apprécie particulièrement, mais cette scène avec Christian Clavier en string au bord d'un fleuve… Il est sur le point de réciter un poème à Balasko et le poème s'appelle «Azur ». Et cette déclamation du titre «Azur » n'a pas arrêté de résonner dans ma tête. C'est très compliqué de trouver un nom que tu vas assumer à 100% sur la durée je trouve. Et ça m'allait très bien. Mais ce n'est pas spécialement venu de ces inspirations tropicales ou filmographiques évoquées plus tôt.
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Vos avis

Playlist

1
Azur • Pointe à Pitre

2
Red Axes • Papa Sooma

3
Poolside & Fatnotronic • Onda

6
Jaakko Eino Kalevi • Speak Out

4
You Man • Birdcage

5
Todd Terje • Strandbar (Eric Duncan remix)

9
Manfredas

10
Azur • Scaramanga