Quartier Général


Feutre sur la ville


 
Graphisme
#interview #artiste

Publié le 31/08/2015

Chaque trimestre et à chaque occasion, la Cave collabore avec des artistes et graphistes de tous horizons !
lequartiergeneral.com en savoir plus...


A l’ère du pixel roi, les soeurs Chevalme portent le dessin comme l’étendard de leurs sensibilités artistiques : quartiers urbains au bic quatre couleurs, « bouboys » au feutre chatoyant, danseurs hip-hop au crayon à papier...
Elles crayonnent les portraits populaires et optimistes de personnages hauts en couleurs. Leurs illustrations métissées interrogent identités et cultures, se confrontant au terrain et biffant au passage tous les clichés du genre.

Vous êtes jumelles, comment distinguez vous l’apport, la spécificité de chacune ?
Chacune de nous deux a ses spécificités, de fait de nos formations qui n’ont pas été les mêmes. Elodie est issue d’une filière en arts graphiques, tandis que Delphine est passée de l’architecture aux beaux-arts. On se voit complémentaires dans notre manière de travailler, et ça se passe assez naturellement. Généralement, l’une des deux initie une piste et des recherches que l’autre peut poursuivre et enrichir. C’est pour cela qu’on signe de notre nom collectif. Pour autant, ça n’a pas toujours été une évidence de travailler ensemble, on a eu besoin de faire nos parcours respectifs pour ensuite collaborer.

Vous bossez souvent vos illustrations au feutre ou au bic. Comment en êtes vous arrivé à développer votre style avec ces outils ?
Par dessus tout, on aime le dessin. On a beaucoup dessiné dans des carnets quand nous étions étudiantes et pour des questions pratiques : c’était avec des outils transportables, accessibles et ordinaires. On s’est mis à les intégrer dans notre pratique artistique parce que nous sommes très à l’aise avec, mais aussi parce qu’ils questionnaient des thématiques identitaires sur lesquelles nous travaillions. On choisit toujours nos techniques par rapport aux réflexions engagées.
Pendant plus de cinq ans, nous avons poursuivi une démarche sur des questions identitaires spécifiques (le hip hop américain et ses racines africaines, la construction d’identités afro-péruviennes, les identités nationales françaises, les rapport post-coloniaux entre la France et le Congo).

Qu’est ce qui a été source d’inspiration et d’intérêt concernant l’artwork réalisé pour ce trimestre de la Cave aux Poètes ?
On a pensé aux dessins de Mamadou Cissé qui créaient des villes purement imaginaires. On voulait dessiner un espace entre Détroit et Roubaix, une absurdité géographique. C’est pourquoi les personnages existent dans une échelle bien supérieure aux buildings. Ils sont la ville, pas les habitants.


Les rencontres humaines forgent les réflexions, elles rendent les projets sensibles et vibrants




Vos avis